On a tiré les factures réelles de 24 ménages comparables : même surface, même climat, même usage. Le résultat est plus surprenant qu'on ne le pense — le fioul reste cher, mais l'électricité bas tarif rattrape la PAC sur certains profils.
Méthodologie : 24 maisons identiques, 4 énergies.
Pour cette étude, on a sélectionné 24 maisons individuelles en Île-de-France :
- Surface : 110-130 m²
- Construction : 1985-2000
- Niveau d'isolation : moyen (DPE D-E)
- Occupation : 4 personnes en moyenne
- Année des relevés : 12 mois consécutifs, février 2025 à janvier 2026
Six maisons au fioul, six au gaz, six à l'électrique direct (convecteurs/radiants), six avec PAC air/eau récente (SCOP > 4).
Résultats bruts (énergie de chauffage + ECS).
Détail par énergie
- Fioul : 3 240 € / an (variation 2 800 à 3 800 €)
- Gaz naturel : 2 480 € / an
- Électricité directe (convecteurs) : 2 980 € / an
- PAC air/eau (SCOP 4) : 1 020 € / an
Le fioul, le grand perdant.
Plus cher en facture, plus cher en maintenance (1 plein/an, ramonage obligatoire, cuve à entretenir), pénalisé en DPE (interdit à la location en classe G dès 2025, F dès 2028), et politiquement condamné — le fioul cumule tous les inconvénients.
Conséquence directe : une maison chauffée au fioul perd 10 à 20 % de sa valeur à la revente face à une maison équivalente avec une PAC. C'est désormais le premier critère négatif des acquéreurs en Île-de-France.
Le gaz, en sursis.
Encore compétitif sur la facture courante, mais menacé sur trois fronts :
- Fin de l'installation gaz dans le neuf depuis 2022 (RE 2020)
- Hausse mécanique du prix de la molécule liée aux marchés européens
- Trajectoire CO2 incompatible avec les objectifs 2030 — le gaz finira aidé moins, taxé plus
L'électricité directe : le pire choix long terme.
Avec un coefficient de conversion en énergie primaire de 2,3 (pour 1 kWh utile, on consomme 2,3 kWh côté production), l'électricité directe est la plus pénalisée en DPE. Une maison "tout électrique convecteurs" tombe quasi-systématiquement en classe E ou F.
La PAC : économique, mais à condition.
Sur le papier, la PAC remporte tous les comparatifs : 1 020 € contre 2 480 € pour le gaz, soit près de 60 % d'économie annuelle. Mais ce résultat n'est valable qu'avec :
- Une PAC bien dimensionnée (voir notre article "Pourquoi tant de PAC tournent mal")
- Une loi d'eau correctement réglée
- Un entretien annuel sérieux
- Une isolation au minimum classe D
Cas particulier
Si votre maison est très mal isolée (passoire thermique, DPE F ou G), la PAC ne sera pas magique. Il faut isoler d'abord (ITE, combles), puis installer la PAC. Sinon, vous équipez une maison qui perd de la chaleur de toute façon.
Le bon ordre : isoler, puis chauffer. Beaucoup font l'inverse, et se demandent ensuite pourquoi leur PAC peine.
Projection 2030.
Sur 5 ans, en intégrant la trajectoire de prix anticipée et la pression réglementaire :
- Fioul : +25 à 40 % par effet rareté + taxation
- Gaz : +15 à 25 % sur la tendance actuelle
- Électricité : +10 à 18 % (transition mais inflation matières premières)
- PAC : +10 à 18 % (suit l'électricité, divisé par le COP)
L'écart économique entre PAC et fossiles ne fera que se creuser.